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Association Loi de 1901, ayant pour but : la protection de l'animal et de l'environnement .

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BON APPETIT

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On ne mange plus pareil, mange-t-on encore ensemble ?

Crudivores, vegans, allergiques, croyants... Les demandes d'alimentations particulières se multiplient. L'individualisation par l'assiette menace-t-elle la convivialité française ? Claude Fischler, anthropologue, nous éclaire.

Claude Fischler, directeur de l’Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain et spécialiste de l’alimentation, a codirigé Les Alimentations particulières, (éditions Odile Jacob, sortie le 27 juin). Ce livre pose la question du devenir du « manger ensemble » dans la société française à une période où se multiplient les revendications d’alimentations différenciées.

Claude Fischler : L’alimentation en général est tout sauf particulière. Elle est collective, sociale, partagée. Dans de nombreux endroits du monde, on mange dans un plat commun avec sa cuillère ou sa main droite. Tout le monde est là, il y a des règles de savoir vivre à respecter comme pousser les beaux morceaux vers les anciens, parler à tel moment, ne pas parler, etc. Une personne qui mangerait seule serait très mal vue, elle s’extrairait du cercle de la commensalité (le fait de partager un repas, ndlr). Quel que soit l’endroit du monde, des soupçons émergeraient à son égard – jette-t-elle des sorts, a-t-elle empoisonné le plat ? De plus, une enquête menée aux Etats-Unis, en France et au Danemark a montré qu’on apprécie davantage un repas quand on le mange en compagnie que seul. Et si vous arrivez chez un étranger et que vous refusez sa nourriture, vous l’offensez, de la méfiance s’installe. Or, aujourd’hui, c’est précisément l’inverse qui se produit.

- C’est-à-dire ?
- Aujourd’hui, autour d’une table, vous pouvez avoir une personne qui mange cacher, l’autre est végétarienne, une autre est vegan, une énième est allergique à tel ou tel aliment, etc. Lors des repas se multiplient désormais les revendications médicales, éthico-religieuses, politiques. Et on constate un renversement de l’obligation de partage : désormais, c’est l’invité qui exige de l’invitant qu’il satisfasse ce que les anglophones appellent ses « dietary requirements » (régime alimentaire en français). On en arrive à des situations d’individualisation extrême de la nourriture.

- Prenez cet exemple révélateur : lors du déjeuner de presse organisé pour le lancement du livre « Les Alimentations particulières », il a d’abord été envisagé de proposer quatre menus différents. Mais, d’un point de vue logistique, c’était compliqué. Donc il a été décidé de diviser les assiettes en quatre. C’est une façon très française de régler le problème car, au final, tout le monde a mangé la même chose ! On invente de nouvelles formes de commensalité. Ainsi, manger différemment ne signifie pas la fin du lien social. Le modèle convivial français résiste de façon étonnante, même si l’individualisation des assiettes se généralise. La preuve, les horaires des repas restent synchrones : à 13h, la moitié des Français sont à table. Au Royaume-Uni, ils ne sont jamais plus de 17% de la population à manger en même temps. Quant au temps passé à manger à table, il est de 135 minutes par jour selon une étude de l’OCDE. C’est le record mondial.

Suite de l'article : http://www.terraeco.net/On-ne-mange-plus-pareil-mange-t-on,50291.html
Photo : (George M. Groutas - Flickr)

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