Association Loi de 1901, ayant pour but : la protection de l'animal et de l'environnement .
8 Janvier 2013
Conséquences de la pollution de l'eau douce : suite
Mais il n'y a pas que des dangers pour la santé humaine. Un grand nombre d'espèces sont menacées par la pollution des eaux douces (oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons). Globalement toutes ces espèces ont vu leur population diminuer de 54% entre 1970 et 2000.
L'eutrophisation est l'un des mécanismes qui conduisent à tuer les cours d'eau : les nitrates et phosphates qu'ils contiennent stimulent la prolifération d'algues à la surface des eaux. Celles-ci asphyxient rapidement la vie aquatique, aboutissant à la destruction de l'ensemble de l'écosystème. Le lac Titicaca, au Pérou, est très gravement menacé. Selon l'agence européenne pour l'environnement, 73 % des cours d'eau européens connaissent une eutrophisation allant de significative à massive.
Mais même sans eutrophisation, la pollution par les pesticides a un effet dévastateur sur la faune. Le saumon de l'atlantique a par exemple totalement disparu de son habitat naturel situé en nouvelle Angleterre et au canada. Ces produits chimiques sont responsables de graves désordres de la croissance et de la reproduction des poissons, coquillages, oiseaux piscivores, et loutres en Europe du nord, au canada et aux états unis. Les cas de cancer chez les poissons deviennent de plus en plus courants.
La présence d'hormones artificielles dans les eaux douces dérègle le système hormonal de la faune aquatique. On observe une forte féminisation des poissons mâles. Certaines conséquences des pollutions sont incroyables. Par exemple dans le lac Apopka, en Floride, qui fut pollué en 1980 par l'idicofol, un insecticide, la population d'alligator s'était effondrée. Mais à la surprise des scientifiques, la population continua à diminuer même lorsque l'eau eut retrouvé sa qualité initiale. En fait, 60% des alligators mâles avaient un pénis trop petit pour se reproduire !
Ceci fait penser au cas des abeilles en France, qui sont perturbées par l'insecticide "gaucho", mais qui restent perturbées après le moratoire sur ce dernier.
N'oublions pas que l'homme est au bout de la chaîne alimentaire...
L'Avenir :
Il n'est pas rose...
Dans les pays développés :
Les agriculteurs semblent prisonniers d'un cycle infernal qui les oblige à répandre toujours plus de produits sur leurs terres, pour lutter contre l'appauvrissement des sols et les nuisibles que ces mêmes produits induisent. L'élevage intensif devient la règle, et ça n'améliorera pas la qualité de l'eau.
Les gouvernements continuent à subventionner l'agriculture industrielle. Ils ont peur des réformes qui risqueraient de remettre en cause leurs objectifs de croissance. Ils n'ont pas conscience des alternatives possibles (voir ci dessous). Enfin ils craignent qu'un changement soir pris comme un aveu tacite de fautes antérieures.
On continue sans cesse à inventer (et donc à disséminer) de nouveaux produits chimiques. Enfin de plus en plus d'hormones sont déversées dans l'écosystème, et il n'y a pas de solution de traitement de l'eau pour ces produits. De puissants lobbys agissent pour que les gouvernements ne mettent pas leur nez dans les affaires des sociétés qui fabriquent les produits chimiques et pétroliers. Le gouvernement Bush a proposé de supprimer totalement les fonds destinés à étudier l'impact sur les populations de ces produits !
Les représentants des industries agroalimentaires, chimiques et énergétiques s'opposent à toute réforme qui "pourrait être une menace sur leurs profits". Ils ont réussi à faire abandonner l'obligation d'une production industrielle propre dans l'Union Européenne. En Angleterre, ils ont réussi à faire ramener la superficie devant être protégée contre la pollution aux nitrates à 55 % de la terre (et 13 % en écosse et 3% au pays de Galles !). Ils continuent de faire pression contre l'introduction du principe de précaution et du principe du pollueur-payer dans les législations sur l'eau. Les distributeurs d'eau Européens essayent de revenir sur le principe de la distribution d'une eau vierge de pesticides, tout simplement pour abaisser les coûts de traitement...
Dans les pays en développement :
En 2006, un cap a été franchi : plus de la moitié de la population mondiale vit désormais dans les villes. Chaque jour, 160 000 personnes quittent la campagne pour la ville. Ces villes sont loin de pouvoir accueillir cette population nouvelle, qui s'entasse dans des bidonvilles. en 2025, cinq milliards de personnes seront privés de tout système sanitaire, soit deux fois plus qu'aujourd'hui. Et l'eau qu'ils consommeront ne sera pas potable. L'eau dans laquelle ils se laveront sera souillée. Les poissons qui pouvaient les nourrir auront disparus.
Les agriculteurs de ces pays vont être contraints de suivre le "modèle" qui a jusqu'ici prévalu dans les pays développés : déversement massif d'engrais au nitrate pour augmenter les rendements, de pesticides pour "contrôler" le développement vertigineux des parasites et nuisibles que la monoculture intensive crée inévitablement. Les subventions à l'importation de produits agricoles étrangers sont ineptes et contraignent les agriculteurs locaux à la misère. L'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) empêche les pays en développement de s'opposer aux importations de produits agricoles subventionnés. En chine, cela a conduit à l'exode de 432 millions d'agriculteurs vers les villes entre 2000 et 2005.
Les réglementations sur les produits chimiques sont souvent inexistantes dans ces pays, et le développement économique est la priorité N°1, au détriment de tout le reste, y compris peut être la vie des citoyens dans le futur ! Les exemples abondent en Chine , mais en fait partout : par exemple la mine de cuivre d'Ok Tedi en nouvelle Guinée, gérée par une banque australienne, la BHP, s'est rendue coupable à plusieurs reprise de pollutions effroyables de l'eau douce, pourtant bue par les populations situées en aval. Le FMI a même encouragé que cette mine ne soit pas assujettie aux réglementations sur l'eau !
Ce même FMI (Fond Monétaire International) exige des réductions de dépenses publiques dans les pays en développement, là précisément où ces dépenses sont les plus nécessaires...
Texte et photos : http://sboisse.free.fr