Association Loi de 1901, ayant pour but : la protection de l'animal et de l'environnement .
15 Avril 2013
Présentation :
Le zingel asper ou plus communément appelé l’apron du Rhône est un poisson qui vit en eau douce. Il a la particularité d’être très sensible aux variations de son environnement, ce qui en fait une espèce fragile et très menacée.
Localisation :
Pour apercevoir ce magnifique poisson dans son milieu naturel, il faudra aller dans le sud de la France. Il vit exclusivement en eau douce dans les rivières du bassin du Rhône. L’apron est un poisson de fond très difficile à observer. Il a la faculté de pouvoir changer de couleur et de se fondre dans le décor.
Menaces :
Aujourd’hui l’état des lieux est assez alarmant. L’apron peuple désormais 20 fois moins de rivières qu’il y a un siècle et malheureusement, dans ses derniers refuges, il est aussi menacé.
Les causes de la disparition de l’apron sont multiples.
L’habitat de ce poisson est très fragile. Or avec les années, l’homme a de plus en plus façonné la nature selon ses besoins. Tous les barrages, toutes les écluses et toutes les dérivations dans les petits courants où il vit ont perturbés sa reproduction. En effet, les populations ont de plus en plus de mal à se mélanger. Le réchauffement climatique a aussi joué son rôle et la diminution du débit des rivières a créée de nombreux obstacles.
Enfin très sensible aux variations de son environnement, ce poisson souffre des pollutions de l’eau dues aux engrais et aux pesticides. Depuis quelques années il a disparu de nombreux cours d’eau où on avait l’habitude de le trouver.
Effort de conservation :
Il faut d’abord rappeler que la disparition de l’apron n’est pas due à la prédation ou à la pêche mais à la dégradation de son environnement. L’enjeu est donc double. Pour le sauver il faut sauvegarder son environnement et la qualité de nos rivières.
La régression de l’espèce a longtemps été ignorée mais en 1998, le premier programme de conservation voit le jour. Il vise à trouver la meilleure stratégie à adopter pour sauver l’espèce. En 2004 un second programme est amorcé et les choses commencent à bouger. L’objectif de ce plan est de sauver l’apron en 5 ans. Mais ce n’est pas encore le cas et l’apron est toujours en danger. Cependant il ne faut pas pour autant relâcher les efforts. Des réintroductions ont porté leurs fruits comme dans le cas de la Loue et de la Drôme (où on a commencé à revoir des aprons). Des travaux ont été menés pour créer des passes à poissons et permettre aux populations de se déplacer. Ce qui n’était plus le cas et empêchait la reproduction de l’espèce.
Nous vous conseillons de regarder la vidéo produite par le programme Life II pour la sauvegarde de l’apron sur le site du programme Life Apron II.
En savoir plus :
Ce poisson a un comportement assez passif le jour. C’est la nuit qu’il part en quête de nourriture. Son corps porte généralement quelques bandes qui cassent sa couleur unie mais en fonction du sol, il peut perdre cette particularité pour devenir presque invisible. À l’état naturel l’apron peut vivre jusqu’à 8 ou 9 ans et il ne dépasse que très rarement les 20 cm. Il se sert plus souvent de ses nageoires pour s’agripper aux rochers. Il se nourrit presque exclusivement d’insectes et de leurs larves.
Enfin ce poisson à l’étrange particularité d’avoir les yeux qui brillent la nuit. C’est donc lorsque que le soleil est couché que l’on peut apercevoir, avec une bonne lampe, l’apron. Mais gare à ne pas trop le déranger. Il prend facilement peur…
Reproduction :
Pour se reproduire l’apron du Rhône a besoin d’une rivière dont le sol est couvert de galets ou de petits rochers. Le mâle atteint sa maturité sexuelle plus tôt que la femelle. Elle peut survenir dès la fin de sa première année alors que cette dernière devra attendre ses deux ans.
C’est au printemps qu’a lieu la période de reproduction de l’apron. De février à mai on pourra observer des regroupements de mâles dans les zones propices à la reproduction. Ils seront rejoints par les femelles quand celles-ci seront prêtes. Ensuite le frai à lieu. Les œufs seront déposés sur les cailloux du fond de la rivière. On notera que les les œufs d’apron sont assez gros et peu nombreux.
(especes-menacees.fr)